Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- 18

  • La musique adoucit les moeurs, IV

    (Bon, et puisqu'hier Will m'a cassé ma note d'aujourd'hui avec sa question, j'vais lui répondre en GRIS à côté des affirmations, rien que pour lui faire plaisir) (Au passage, si quelqu'un réussit à m'esspliquer comment qu'on fait une blog-roll sur hautetfort, ben il serait vraiment gentil, passque je galère un peu tu vois ...)

    Mais qu'ai-je donc appris te demandes-tu ? (Si si, demandes toi lecteur de mon coeur, lecteuse de mon coeuse)

     

    J'ai appris des trucs plus ou moins utiles, comme dans tout enseignement.

     

    J'ai appris à boire, passque nous à la musique, ben on a un apéro avant le concert, un open bar pendant l'entracte, et un vin d'honneur après le concert.   (Ca, j'aurais peut-être pu l'apprendre ailleurs, mais pas dans les mêmes circonstances, et donc pas avec le même plaisir.)

    J'ai appris à gérer mes relations avec les autres. A être discrète quand il le fallait, à provoquer quand il le fallait.   (Ca, pas sûre que j'eusse pu l'apprendre ailleurs (comment j'me la pète avec ma tournure grammaticale) Encore aujourd'hui c'est dur à gérer parfois, et c'était pas gagné d'avance que je réussisse à "gérer" ne serait-ce qu'un ptit peu. Trop enflammée comme fille.)

    J'ai appris la notion de "complémentarité", et de "solidarité". Passque si y'a un musico qu'est pas là, un morceau peut être injouable. Passque quand quelque chose se passe mal dans ta vie, ils sont tous derrière toi à te soutenir. Discrètement, mais ils sont là.  (Idem, solidarité je l'aurais apprise de toute façon, j'suis un peu trop altruiste en général. Mais la complémentarité, sorte de "dépendance" vis à vis d'un autre musicien, ça, je ne l'aurais pas apprise ailleurs. Passque altruiste mais vachement indépendante, j'ai horreur de dépendre de quelque chose ou de quelqu'un. "Je n'ai besoin de personne, la la la")

    J'ai appris le respect des personnes plus âgées que moi, appris à être amie avec une personne de 7 ans ou de 80 ans. Sans que cette personne de 80 ans soit ma grand mère.  (Est-ce qu'une ado de 15/16 ans peut apprendre à être amie avec une quinzaine de personnes âgées de 60 à 80 ans dans la vie quotidienne de notre société ? Est-ce que sans la musique j'aurais autant parlé avec des gens de cet âge là ?Amis sociologues et psychologues, bienvenue.)

    J'ai appris à ne pas croire en la fidélité, ni en l'amoûûûr pour toujoûûûrs. Rapport aux relations adultérines qui ont l'air d'être monnaie courante dans ce milieu. Si, si. J'ai vérifié.   (Ca, si j'avais pas bercé dans le milieu pervers de la musique, j'l'aurais pas appris. Pas tout de suite en tout cas, j'aurais gardé mes illusions de petite fille, et je me ferais avoir beaucoup plus qu'à l'heure actuelle ... Bonne chose ou pas, j'en sais rien, et j'me pose pas la question.)

    J'ai appris aussi qu'à force de volonté et de persévérance, on pouvait obtenir ce qu'on voulait. Peu importe ce qu'on veut, que ce soit choper le prof de trombone ou de percu' (non, je n'ai pas fait ça ...) ; monter en grade au sein de l'orchestre ; ou encore avoir cette sonorité tant attendue, et pour laquelle on a tellement bossé et martyrisé ces pauvres lèvres, cette pauvre mâchoire.  (Volonté et persévérance, peut-être que je l'aurais appris, ou peut-être pas, je ne sais pas exactement. D'un côté, j'me dis que toutes ces années musicales ont forgé mon caractère et ma personnalité, alors peut-être que ça aurait quand même été moins flagrant qu'aujourd'hui ? Pour la mâchoire et les lèvres, j'aurais pas pu apprendre ailleurs. Apprendre que si tu n'écoutes pas ton prof chéri adoré, qui te dit de pas exagérer sur une sorte d'exercices, trop fatiguante pour la mâchoire, ben tu te retrouves avec une mâchoire défaillante et qui craque (crrr) dès que t'ouvres la bouche, non non, j'aurais pas pu l'apprendre ailleurs. Sauf si je m'étais vachement beaucoup entraînée à ---  |-18|  ---.)

    J'ai appris à ne pas dormir, à cause des stages de musique. Ou plutôt, des soirées des stages de musique. (Pour la marmotte que je suis, les rares longues soirées entre amis étaient difficiles. Et puis enchaîner les jours de stage, avec 3h de sommeil derrière soi, ça s'apprend. Plutôt vite même ... Et maintenant, merci aux profs qui faisaient des "relais 1x 1bière", ou des relais "4x fromage blanc", grâce à eux, j'arrive plus à dormir le soir.)

    J'ai appris à jouer au tarot.   (Pendant les pauses des stages, après les repas des stages, pendant les "pré-soirées" des soirées de stage ... Donc non, sans la musique, j'aurais pas appris. Ca me paraissait tellement nul, le tarot ... Ben maintenant, ça me manque !)

    J'ai appris que parfois, tu peux avoir les lèvres gercées en plein été, et que le Labello est décidément le meilleur ami de nombre de musiciens.  (Idem que la mâchoire un peu plus haut ... J'ai une collection complète de Labello.)

    J'ai appris que les feuilles OCB ne servent pas uniquement pour rouler toutes sortes de cigarettes.
    Non, nous on les utilise pour moins souffrir du dedans de la bouche. On plie la feuille OCB, et on la colle sur nos dents. Ou alors, on la met sous les touches de la flûte, et on tapote la touche, comme ça la feuille OCB ben elle absorde l'humidité de la salive, qui empêche de jouer correctement.  (Je fume pas, je connaissais à peine les feuilles OCB, donc forcément, ça, j'aurais pas pu l'apprendre ailleurs qu'à la musique ...)

    J'ai appris à écouter la musique, le silence. A apprécier la valeur du silence en certaines circonstances.   (Ca, non, j'aurais pas pu l'apprendre ailleurs. Définitivement non.)

     

    Et surtout, j'ai découvert que la musique serait toujours ma bouée de sauvetage, qu'elle me remonterait toujours à la surface, en n'importe quelles circonstances, comme elle l'a déjà fait à plusieurs reprises.   (Ca, ça se passe de commentaires je crois, c'est évident que j'aurais pas pu apprendre ça ailleurs, et je pense pas que j'aurais pu trouver cette certitude ailleurs. Peut-être que j'me trompe hein ?)

     

    Qu'il suffit de se lancer dedans à fond pour oublier tout le reste, et ressentir cette putain d'impression d'aller bien.

    Comme si tout le reste autour de soi allait bien ...

     

    100_0632.jpg
    Je te présente ma flûte ...
    Depuis maintenant 5 ans,
    c'est ma mienne.
    A moi.
  • La musique adoucit les moeurs, III

    Quand tu fais de la musique, tu rencontres plein de gens.

     

    Alors forcément, comme tu dois parler à ces gens, et que tu vis des trucs forts avec eux, ces gens deviennent peu à peu des potes, puis des amis, puis de très bons amis.

     

    Tes profs deviennent des gens que tu vois tous les jours, à qui t'envoies des cartes postales, chez qui tu dors, chez qui tu passes des jours entiers, et tu vas même au restau avec eux et leur famille.

     

    Et puis forcément, à force de faire une vingtaine d'heures de musique hebdomadaires, comme je l'ai fait durant toute ma période lycée, le seul temps libre que t'as …

     

    Non, en fait t'as pas de temps libre.

     

    Ta semaine commence le lundi matin, à 5:30.

    Quand y'a pas de concert le samedi soir ni le dimanche, ben ta semaine se finit à 20:30 le samedi.

    Et donc, le dimanche, t'en profites pour … Dormir. Bosser. Glander. Parfois t'es même maso perfectionniste, tu joues tes gammes ou des traits d'orchestre qui sont chauds à sortir.

     

    Quand y'a concert le samedi soir, ta semaine se finit le dimanche, vers 4h du mat'.

    Quand y'a concert le dimanche, ta semaine se finit vers 19:00, le dimanche soir.

     

    Et puis des fois, t'as des repas avec tous les musiciens de l'harmonie, pour fêter la Sainte Cécile (patronne des musiciens) ou pour la nouvelle année.

    Dans ces cas là, ta semaine se finit euuuuuh … Vers 3 ou 4h, le lundi matin.

     

    Et à 6h30, t'es dans le bus, pour aller au lycée.

     

     

    Une WARRIOR j'te dis.

     

    Donc, avec tout ce temps que tu passes avec eux, ben y'en a qui deviennent tes amants amoureux, plus ou moins "officiellement", selon leur statut relationnel/marital, selon leur statut au sein de l'Ecole de musique.

     

     

     

    Parfois y'a des clashs, des amoureux qui deviennent des ennemis, des étrangers, auprès de qui tu ne peux même pas t'asseoir pendant une répét, tellement t'as peur de la réaction de ton corps en les sentant si près.

    Parfois, tu fais de très jolies rencontres, comme ce bassiste professionnel, qui est devenu un super pote au fil du temps. Qui me demandait de faire partie du jury d'examen de ses élèves. Même si je connais rien à la guitare ...  Chez qui je dois passer depuis 2 ans déjà, mais d'imprévus en imprévus, c'est toujours décalé.

    Parfois, tu te demandes ce que tu fous dans une répét, passque de toute façon, t'arrives pas à jouer ce morceau de merde. Tu te demandes pourquoi tu préfères passer ton temps libre dans des répét/cours/concerts en tout genre, plutôt que d'aller au ciné avec tes potes, de traîner entre filles, ou d'aller faire un baby avec les mecs.
    Mais tout ça, c'était ton choix.

    Et même si parfois tu doutes, quand tu lèves les yeux de ta partition, et que Nico te lance un regard confiant et fait tout pour t'aider à retrouver où t'en es dans le morceau ; quand tu finis un concert ; quand tu regardes les gens qui t'entourent, si différents mais tous réunis pour une seule chose, tous les doutes s'envolent.

     

     

    J'ai "sacrifié" une partie de mes années adolescentes, mais j'ai appris plein de choses que je n'aurais sans doute pas appris auprès des potes de mon âge.