Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

La musique, c'est du bruit qui pense

  • Vivons heureux, vivons cachés ?

    Vivre une idylle cachée, c’est pas toujours pratique.

     

    C’est pratique quand tu ne veux pas que le monde entier soit au courant de l’identité de la personne avec laquelle tu couches occasionnellement.

     

    Ca l’est beaucoup moins quand il faut expliquer pourquoi tu t’es engueulée avec cette personne, pourquoi vous vous ignorez et vous lancez des piques méchantes et blessantes en public.

     

     

    Prenons S., par exemple.

     

     

    Lire la suite

  • Alsace, part 1

    Bon, ça y est.

    Ma grosse période de stress et de musique est passée, maintenant, j’ai 15 jours de calme (et après, ça repaaaart).Plus tard, je te parlerai de mon exam de flûte (que j’ai foiré, hahaha), et je te raconterai les différentes choses à savoir sur ce genre d’exam. Tu verras, on va bien s’amuser.

    En attendant, je vais plutôt te raconter le fabuleux week end que j’ai passé avec l’orchestre, y'a 3 semaines. (Ouais, j'suis à la bourre, ce blog est déserté par tous ses lecteurs, c'est la catastrophe, je sais.)

    Lire la suite

  • Etat d'esprit

    Budapest Symphony Orchestra – Concerto Pour Violon En Re Majeur Op. 35

    (petite musique d'ambiance - tu cliques, et y'a d'la musique, CHOUEEEEETTE)


    J'écris pas beaucoup en ce moment, je ne poste presque rien alors que j'ai plusieurs billets quasiment prêts, bref, j'ai perdu le truc.
    Si ça peut te rassurer, j'ai perdu beaucoup de trucs en ce moment.

    Lire la suite

  • Concert annuel

    Il est 00:13 au début de cette note, et je rentre tout juste d'un concert.

    Pas un concert où j'ai joué, mais un concert où j'aurais pu jouer.



    Concert où j'aurais
    voulu jouer.

    Et cette envie là, ça change tout.

    Lire la suite

  • Famille ?

    Comment ça, ça fait des semaines que je promets des billets parlant de ma famille ?



    ...




    Oui mais c'est à dire que là tout de suite, je suis très occupée.



    La céramique grecque me passionne vois-tu.


    ...




    Oui bon, OK, c'est une blague.



    Mais je suis quand même trop occupée pour te pondre ces longues notes sérieuses et émouvantes et pleines de larmes et tout ça (GENRE)



    Pour la peine, je vais te parler de mon autre famille, celle de la musique.


    Passqu'au fond, c'est ça qu'on est,
    une famille.

    Lire la suite

  • Jeanne

    Jeanne, je t'en ai déjà parlé.



    Ici.



    Ben Jeanne et moi, ça n'a pas changé.




    C'est ptet même encore PIRE.

    Lire la suite

  • Automne 2

    Donc, si tu te rappelles bien, hier je t'ai posé le contexte du concert de samedi.




    Donc maintenant, faut parler du concert.




    Qui s'annonçait sous les meilleures auspices, puisque j'étais malade, comme tu l'as compris.




    Mal de gorge impossible à gérer, bon début de rhume, du bonheur quoi.





    Et puis mon esprit occupé par de vilaines pensées, ça n'aidait pas.

    Lire la suite

  • Automne

    Avec l'orchestre, on a passé un ouikende très difficile tu sais.




    Moi plus particulièrement, mais je m'en remettrais, je t'assure.





    Faut dire qu'on enchaînait 2 concerts sur 2 jours, et c'est le genre de trucs auxquels on est pas habitués.



    En même temps, après un concert, on picole jusqu'à plus soif (faut se désaltérer, et puis l'hydratation c'est primordial) et donc en général le lendemain, on est juste bons à débarrasser la salle de concert et/ou à rester peinards chez nous.

    Lire la suite

  • Ca craque.

    Je sais pas si t'es au courant, mais la musique, ça peut être drôlement dangereux/douloureux.



    Bon, OK, pas autant que le foot (on meurt pas en plein concert nous, on sait se tenir).




    Mais tout de même.

    Lire la suite

  • Chef

    Il faut que je t'avoue ici que je suis une mauvaise rédactrice.



    Je ne fais pas de brouillons, je ne me relis pas, j'en vois pas l'intérêt.




    Chez moi, rien n'égalera jamais le fameux « premier jet ».



    Mes dissertations, mon mémoire, mes notes de blog, tout est fait comme ça, d'une traite.
    (Bon, apparemment ça ne me porte pas préjudice, puisque j'ai eu 16 à mon mémoire, hahaha)



    Si tu te souviens bien, y'a quelques mois, je t'ai promis une note qui t'expliquerait pourquoi j'aime autant Chef chéri adoré.



    Hé ben voilà.



    C'est la première fois que je « bloque » sur un truc.



    Je dois avoir à peu près 3 ou 4 notes qui parlent de lui, et qui ne me satisfont pas totalement, parce que je ne suis pas sûre de réussir à transcrire ce que je voudrais.



    Comme ça me gonfle, j'ai décidé que celle-ci serait la bonne.


    Même si à la fin le résultat ne me plaît pas, même si j'oublie des choses, même si c'est décousu parfois.

    Lire la suite

  • Ca fait une semaine, déjà.

    Si tu me suis sur Twitter, t'es au courant que les répéts du vendredi soir ont reprises.


    T'es même au courant que j'étais très en retard pour la première.




    (De toute façon, on a jamais vu un musicien être à l'heure alors bon …)
    (T'as qu'à voir, on a répé de 20:15 à 22:00, et systématiquement, chaque vendredi soir, on débute à 20:45, pour finir vers 22:30, quand ce n'est pas 23:00 …)



    La première répé de l'année, je l'attends toujours avec impatience.


    C'est le signe que la rentrée est véritablement là, que la vie reprend son cours, que les vacances sont finies.


    C'est pas que j'aime pas les vacances, c'est juste que je m'ennuie vite.

    Lire la suite

  • Fête de la Musique

    Avant-hier, c’était la Fête de la Musique.



    Avec tout le tsouin tsouin que j’ai fait autour de ça, j’peux pas ne pas te raconter cette journée.



    Alors j’te préviens tout de suite, cette note sera un peu mielleuse, très longue, consacrée en grande partie à ma gloire, et terriblement emmerdante pour certains je pense.

    Lire la suite

  • Appréhension

    Bon on va pas polémiquer pendant des heures hein ?


    Pour ceux qui prennent le blog en cours de route, séance de rattrapage ici.




    J'voulais te mettre une deuxième séance de rattrapage, parce que celle-ci n'en parle pas beaucoup, mais je sais pu où j'en ai parlé.



    Donc oui, j'ai eu une histoire toute jolie et toute gentille pendant 2 ans avec le mari de celle qui était
    ma prof de musique et ma directrice d'orchestre de l'époque.





    Bon en fait, c'est pas vrai, c'était pas une histoire toute jolie et toute gentille.

    Ca a quand même précipité mon départ au Luxembourg, et mon arrêt de la musique pendant 2 ans.




    Et ça m'a fait perdre une bonne partie de mes "contacts" dans le milieu ...






    Voilà, maintenant tu as le contexte en tête, c'est bon on peut y aller ?

    Lire la suite

  • Crayon magique

    Allez, on innove on innove.

     




    Tu m'excuseras pour le bafouillage (bafouillement ?) (non, je ne suis pas étudiante en lettres) (puisque je te dis que nooooon !!!), mais j'ai du mal à parler parfois, surtout quand je suis le cours de mon inspiration ...

     

     


  • Concert inutile et prise de conscience

    Chuis désolée lecteur lecteuse, mais voilà que tu te bouffes une deuxième note de musique d'affilée, et paf dans tes dents.


    Et pis t'as intérêt à être sage, passque j'en ai une 3è sous le coude, que je sais pas encore quand je vais te la mettre.




    Alors samedi, tu as eu une note qui te relatait la répé du 30 Janvier.


    Ben figure toi que le lendemain, le 31 donc, mon école de musique faisait un concert.

    Et, une fois n’est pas coutume, Benoît, mon prof chéri de flûte, a été très très gentil avec moi.



    En même temps, il avait grave besoin de moi pour le concert tu vois ?


    Il a commencé par dire aux jeunes flûtistes du cours d’avant moi qu’elles se tenaient mal pour jouer : tête trop basse, jambes n’importe comment, flûte en biais.


    Et il a dit « Pauline, elle a une bonne posture, elle se tient vachement bien quand elle joue ».


    Là, j’ai un peu halluciné.



    Et je lui ai dit.


    Passque figure toi qu’à mes débuts d’exil au Luxembourg, j’ai tenté (folle que je suis) l’expérience « Conservatoire National ».


    Ma prof était une conne, j’ai tenu 3 semaines avec elle.


    Je te passe sur les méchancetés qu’elle m’a dit, je vais juste te parler d’un truc, qui te donnera une vision générale du truc : elle m’a toujours dit (bon, OK, 3 fois seulement) que je me tenais très mal.

    Que j’allais jamais réussir à jouer quelque chose de correct avec cette posture, que ça n’allait pas du tout, blablabla.


    En même temps, dès le premier cours, elle m’a dit qu’elle et moi, on ne ferait rien en cours, qu’on arriverait à rien.
    Tout ça passque j’lui ai dit que je n’étais là que pour 2 ans, et que donc, les exams du Conservatoire, j’en avais un peu rien à foutre.


    Bref.


    Après, j’ai joué mon morceau.

    Que Benoît il a dit que c’était bien, que c’était mieux, et que le son était « great ».

    Qu’il fallait pas que j’y touche.


    Ca, c’était normal, passque la veille, ben on avait une répét « light », comme le chef il a fait la discussion avec nous et que ça a duré pendant deux heures.


    Et ce soir là, le 31, y’a eu le concert, où il avait besoin de moi pour jouer.


    Un morceau de jazz, alors que je déteste le jazz.


    Qui dit jazz, dit improvisations.


    Y’en avait 2 dans le morceau, la première devait être faite par le seul élève garçon de la classe de flûte, et la deuxième par Benoît lui-même.


    Mais tu commences à me connaître lecteur chéri, tu sais bien que si je te dis ça comme ça, c’est qu’y’a une raison.


    Ben la raison, c’est que l’élève garçon, il est pas venu.


    Pssssscht (il s’est dégonflé).



    Quand j’ai vu ça, je me suis tournée vers une autre flûtiste, et je lui ai dit : « Tain, tu vas voir qui va se récolter l’impro à faire ... »

    Pas manqué.

    « Pauliiiine, tu fais la première impro ? »
    « J’aime paaaaaas les impros !! »
    « Oh allez, c’est simple, toute façon c’est ça ou alors on fait que le truc pourri qui est écrit sur la partition »
    « Nan mais j’connais même pas les notes d’abord » (Là encore, tu remarqueras que face à Benoît, mon libre arbitre est inexistant, et ma détermiation très faiblarde)
    « T’as 5 minutes pour les voir. »



    Ouais, moi aussi je t’aime Benoît.



    Résultat, me suis tapée une impro devant les gens, devant mon ex amant et sa femme, ma directrice d’orchestre, qui m’en veut toujours autant, et lui qui m’aime toujours autant.


    Ben après, Benoît il a dit que c’était un « très bon solo ».

    Alors que d’habitude, quand j’improvise, il me dit : « Ouais, c’était pas mal ».
    Et il le dit seulement si je lui demande. Sinon il dit pas.


    Alors que là, il me l’a dit 3 fois en moins d’une demi heure.


    Ce mec est génial.




    Et tu vois, juste avant mon impro, y’a l’ex-amant qu’est venu me dire bonjour.

    Même qu’il a pris des risques, passque théoriquement, il a plus le droit de me parler, de me dire bonjour et tout ça. (Je sais pas s’il a le droit de me regarder encore ?!)

    Et juste après mon impro, quand je suis repartie vers ma place (chuis une artiste modeste, j’m’asseois au milieu du public moi mâdâme), ben j’ai croisé sa femme.


    Les joues rouges, les yeux rouges et pleins de larmes.
    En me croisant, elle m’a regardé.

    Jamais elle ne me regarde, jamais elle ne me dit bonjour, jamais elle ne me parle, même quand moi je lui parle. (Une fois, à la photocopieuse de l’Ecole de Musique, on s’est retrouvées ensemble : je photocopiais des part’, et elle devait en photocopier. Il m’en restait 4 à faire, et comme elle attendait derrière moi, j’ai dit « J’ai bientôt fini, il m’en reste 4 ». Elle m’a pas répondu, elle s’est barrée.)

    Et quand elle m’a regardée, et que je l’ai regardée aussi, elle avait les yeux pleins d’éclairs à travers les larmes.

    Bon, elle pleurait pas non plus à grosses larmes tu vois, c’est juste que tu voyais bien que ses yeux étaient tout humides, et qu’une ou deux (voire trois, soyons fous !) larmes avaient coulé sur ses joues, et qu’elle les avait essuyées.



    En tant que directrice, elle a parlé dans le micro juste après, pour présenter le morceau qui suivait, avec une voix toute tremblottante.


    En 10 ans de musique avec elle, la seule fois où elle a eu la voix tremblante, c’était pour un concert à la mémoire d’un de nos musiciens qui venait de mourir.

    Et jamais je ne l’ai vue pleurer.




    Ben tu vois, ce soir-là, en la voyant comme ça, j’me suis dit que si elle m’évitait tout le temps, qu’elle me parlait jamais, c’est qu’elle en était pas capable.


    Et puis j’me suis rendue compte qu’il ne fallait pas que j’abuse.





    Que mon projet de m’inscrire au stage de musique du mois d’avril, pendant toute une semaine, en sachant pertinemment que les répé d’orchestre, qui durent 4 à 5h par jour pendant ce stage, étaient dirigées par elle, ben ce projet était pas cool pour elle.




    Qu’il fallait que j’apprenne un peu à m’oublier un minimum et à me priver pour la laisser respirer.



    Passque je sais qu’elle ne voit pas d’un très bon oeil que je sois revenue prendre des cours dans « son » école.
    Et qu’elle ne voit pas non plus d’un très bon oeil que j’accepte, comme avant, de venir jouer à un concert de 2h un simple morceau de 3 minutes.



    Alors j’vais continuer les cours, les concerts inutiles, et je vais recommencer d’aller écouter les concerts de tous les gens que je veux, même si elle y est, mais j’abandonne l’idée de faire ce stage.



    Histoire d’être « sympa ».

  • Répé #2

    Ah mon lecteur chéri, pour la deuxième note sur mon harmonie, tu vas pas être déçu tu sais ?




    Bon déjà, pour les débutants, une harmonie, c’est comme un orchestre.



    Sauf que ça s’appelle « harmonie ».


    Voilà.


    (Autres notions de vocabulaire : Les répétitions, on appelle ça des « répé ».
    Les partitions, c’est les feuilles de papier avec plein de notes dessus, et on appelle ça des « part’ » (prononcé <PARTE>) ou des « partoches ».)


    Et donc à l’harmonie ce soir là (ce soir là, c'est en fait le 30 Janvier. J'te rappelle que j'ai pas encore l'ADSL, et que j'arrive pas à poster régulièrement) , ça a chauffé.


    Drôlement chauffé même.



    Aucune phrase rigolote à te raconter, ni connerie, ni torture sur les flûtes.


    (Bon, en fait, si, une connerie, mais bon.
    Figure toi que quand j’me suis assise à ma place, j’retrouvais pas ma flûte. Déjà que j’étais pas en avance, la chercher sous les pieds de tous mes voisins ça n’a pas aidé à me faire voir comme une fille très sérieuse et responsable et tout ça ...
    En fait, ma flûte était restée en voiture, j’te raconte pas le bordel. Enfin vouàlà.)




    Alors ce soir là, Nico, mon chef chéri adoré, il nous a laissé nous installer, et puis il a attendu un peu.

    Et moi j’ai pas fait gaffe sur le moment, mais il avait une de ces têtes ...

    Je l’avais déjà vu pas content, mais là, je ne l’avais jamais vu comme ça.


    Limite il écumait de rage tu vois ?


    Et il nous a annoncé qu’une de nos musiciennes avait démissionné, et qu’elle quittait donc les rangs.

    Parce que « y’a une ambiance de merde ».



    Et Chef chéri il a trouvé que c’était une raison valable, et il a enchaîné là dessus.





    Comme quoi il commençait à en avoir ras le bol de toutes les manigances, les on-dit, les cancans, les ragots, et l’ambiance pourrite.

    C’est vrai que, depuis quelques temps, c’est plus trop ce que c’était les répé.



    Là tu vois, je vais te confier un truc, que faut pas que tu répètes aux zautres, sinon ils vont croire que je suis un être humain avec un coeur, des sentiments et tout ça.


    En octobre/novembre, y’a eu plusieurs fois où je suis revenue chez moi, après la répé, en pleurant.


    En pleurant parce qu’on s’en prenait plein la tronche pendant la répé, qu’on se faisait engueuler pour des trucs insignifiants, et que la motivation me quittait à chaque fois.




    Au début, je fus persévérante, j’y retournais chaque semaine.

    Et puis en décembre, j’ai fini par ne pas/plus y aller.

    Toujours autre chose à faire.


    Ca a commencé par un week end à Bruxelles, puis un à Aix en Provence, puis un à Rennes, et ensuite, les vacances ...



    Et tu vois, chuis pas une fille qui pleure facilement.

    Mais à la musique, un rien peut me faire m’effondrer.


    Bref.
    Stop aux digressions.




    Et donc, Nico le chef chéri il a dit : « Maintenant je vous laisse 10 minutes pour que vous me disiez en face tout ce que vous avez à dire. J’vous écoute. »

    Et en disant ça, il avait sa lèvre inférieure qui tremblait, comme quand les gens sont vraiment en colère.


    Personne il a dit quelque chose après ça.

    On était tous comme des ronds de flan à attendre.


    Et puis y’a un trompettiste qui a commencé à parler, puis une clarinettiste, et puis les langues se sont déliées.


    Moi, j’ai rien dit.



    Pourquoi ?

    Parce que chef chéri adoré, ben j’l’aime fort.

    (Même si tout n’a pas toujours été tout rose entre nous, ben je l’aime beaucoup, je l’admire et le respecte. Bon, puis j’avais flashé sur lui à un moment.

    J’avais 14 ans, j’étais jeune et inconsciente. )





    Et donc, ça va l’avancer à quoi que je lui dise que ça m’est arrivé de rentrer en larmes chez moi ?

    C’est pas plus sa faute que celles des autres musiciens.


    Passque ce qui est bien dans notre « monde », c’est que les réflexions, les critiques blessantes et vexantes, tu te les prends pas forcément par le chef.

    En fait, chez nous (ailleurs j’en sais rien) c’est rarement le chef qui les dit, c’est souvent les musiciens qui jouent juste à côté de toi.


    Qui te sourient devant, et te cassent derrière.


    Un peu comme partout tu m’diras, mais chez nous c’est encore pire.


    Et le chef, il a dit qu’il en avait fait des orchestres et des harmonies, qu’il avait travaillé avec pas mal de gens, mais qu’il avait jamais connu une situation pareille, à ce point dégradée.
    Que chez nous, c’était pire que partout ailleurs.

    Que ça faisait 8 ans qu’il était avec nous maintenant, qu’il s’en foutait de ce qu’on disait de lui, mais qu’il fallait lui dire en face quand quelque chose n’allait pas plutôt que de le dire à tout le monde en attendant que ça s’arrange comme ça, en claquant des doigts.





    Et que si ça continuait comme ça, ben il claquerait la porte.






    Tu vois, j’ai eu pas mal de différends avec chef chéri adoré, ça fait pas très longtemps qu’on se « connaît bien », qu’on discute, qu’on communique.
    Pour te dire, ça fait 7 ans que j’y suis, ça doit faire environ 1 an que l’on échange des choses.

    T’imagines ?


    En 6 ans, y’en a eu des histoires, des coups de gueule, et tout ça.
    Des disputes, des accès de rage, de haine et de sourires en coin.


    Mais tu vois, si chef chéri il s’en va, je m’en vais avec lui.





    Passque contrairement aux autres, je ne dois rien à l’harmonie.
    Je suis libre de mes mouvements.



    La liberté de mouvements, c’est encore une mode que j’ai lancé à l’harmonie tu sais ?



    Je t’essplique :

    L’harmonie est gentille : elle prête gratuitement des instruments aux élèves de la ville, à la condition qu’ils viennent nous rejoindre quand ils auront le niveau, et qu’ils n’aillent pas jouer ailleurs.

    L’harmonie est très gentille : elle t’achète tes morceaux d’examen, tes cahiers de solfège, si tu joues avec elle.



    Ben moi, j’ai eu très tôt ma propre flûte, j’achetais mes morceaux toute seule comme une grande.

    Et j’allais jouer à droite/à gauche, je dépannais, j’aidais, je restais, je m’installais dans les différents orchestres.

    C’est comme ça que j’ai fini par jouer dans 3 harmonies différentes et que j’ai eu des relations avec des hommes mariés.


    Et l’avantage de cette liberté de mouvements, c’est qu’on peut rien me reprocher, puisque je reste à l’harmonie par choix, par envie, et pas par obligation ou nécessité.



    Y’a la mode des mitaines aussi, qui vient de moi.


    Alors oui, je sais, les mitaines, c’est moche et tout ça, mais je sais pas si tu as déjà essayé de jouer de la flûte sous la pluie, un jour de décembre par -5° ?
    C’est pas facile, les doigts souffrent énormément tu sais, ils rougissent, ils bleuissent et ils finissent par tomber.

    Et je sais pas si tu as déjà essayé de jouer de la flûte avec des gants, mais c’est encore PIRE.
    Parce que le tissu des gants, ben ça empêche d’appuyer correctement sur les touches.

    Donc la solution, c’est forcément les mitaines.


    Tout le monde s’est foutu de ma gueule la première fois que j’ai sorti mes mitaines, ben maintenant, les flûtes, les clarinettes et les sax’ s’y sont mises.



    Passqu’on a chaud aux doigts, et qu’on peut jouer en même temps.





    Miracles de la technologie mode, quand tu nous tiens !

  • Répét #1

    Aujourd’hui, je vais te parler de musique.

    Alors mets toi en condition.

    On est le 23 Janvier, vendredi soir, 23h.
    On sort de 3h de répét.

    3h de répét’, mine de rien, c’est long.


    C’est encore plus long quand, pendant ces 3 heures, tu ne joues que deux moitiés de morceaux.


    Bon, là, faut que j’t’explique.


    Tu vois, y’a plein de métiers dans lesquels faut faire des stages. Par exemple, Spike, toujours elle, ben elle a une stagiaire.
    Chiante, mais stagiaire quand même.


    Ben nous, dans mon orchestre, on a deux de nos musiciens qui sont chefs d’orchestre stagiaires.


    Ca veut dire que les deux ptits, ben tous les dimanches, de 8h à 12h, ils vont à un cours pour devenir chef d’orchestre.

    Et nous, on est leurs cobayes un peu.



    L’an dernier, ils ont dirigé en public pour la première fois, et je t’en avais parlé ici.


    Ben mes deux ptits, (oui, « ptits », même s’ils mesurent plus d’1m80, ils ont pas encore 18 ans, et puis je les ai connus, ils étaient pas plus haut que Passe Partout, alors ce sont mes ptits, NA !), donc mes deux ptits, ben ce soir là, ils se fait « juger » par leur « prof » du dimanche matin.


    Chacun a choisi un morceau qu’on jouera le 22 Mars (si tu sais pas quoi faire, on fait un concert, gratuit, et de très bonne qualité), et donc, en ce moment, on commence tout juste à les travailler (ça fait 8 répétitions pour mettre en place un programme, c’est raisonnable *).
    Et le « prof » est venu voir comment les ptits nous faisaient travailler, leur donner des conseils toussa toussa.


    L’avantage, c’est que nous, simples musiciens, on apprend en même temps les tuyaus des chefs d’orchestre.

    Et c’est aussi dans ces moments là qu’on se rend compte à quel point le chef d’orchestre est important.


    Passque ça a pas l’air comme ça, mais ce monsieur tout habillé en noir, qui tourne le dos en public, et qui gesticule comme un malade, ben il est important.


    Il est rassurant, c’est un pilier.



    En tout cas, c’est comme ça que je vois mon Chef chéri adoré, Nico.



    Quand y’a le silence dans la salle, plongée dans le noir, que tu ne vois personne, sauf ton chef chéri adoré, que tu connais pas le programme passque tu privilégies tes études aux répéts, passque tes trains ont du retard, etc., ben chef chéri il est là, devant toi.
    Il essaie de capter le regard de tout le monde, pour savoir, d’un seul regard, si on est tous prêts à jouer.

    Et généralement, à ce moment là, très discrètement, de telle sorte que seuls nous le voyons, il commence à diriger le morceau, pour qu’on ait le tempo en tête, pour pas qu’on oublie LE truc important du début si y’en a un.


    Et puis le plus souvent, chef chéri adoré, qui est souvent sûr de lui (même trop sûr de lui d’après la majorité des gens, dont mes parents), ben il te montre qu’il est sûr de lui, et il te fait un grand sourire.


    Pour un peu que tu captes ce sourire, chef chéri adoré va te faire un clin d’oeil, à toi ou à un autre, tout dépend de qui il arrive à choper.


    Ben tu vois, ce sourire et ce clin d’oeil, c’est tout ce dont j’ai besoin pour être rassurée avant un morceau.

    Je connais pas la notion de stress, j’ai juste une légère appréhension dans certains morceaux que je ne maîtrise pas, l’appréhension de rater des trucs, d’oublier des trucs, de mal démarrer, de mal finir.


    Si chef sourit, tout se passera bien.
    Si chef sourit pas, je vais être deux fois plus concentrée, et c’est là que je vais me planter.


    Bref.


    On a donc des chefs stagiaires.
    Tous deux dans des styles différents.





    Y’a M., saxophoniste, qui est très très expansif, qui communique énormément avec nous musiciens, et qui fait pas forcément gaffe aux changements de nuances, ni à sa partition.


    Et y’a T., percussionniste, beaucoup plus réservé, qui a une technique irréprochable, mais qui reste plongé et concentré dans sa partition, sans échange avec nous.



    Et puis nous, les flûtes, on a besoin que le chef nous fasse signe quand on doit jouer.
    Passqu’on rêvasse, et toussa toussa.


    T., il nous fait pas signe.
    Alors la première fois qu’on a joué son morceau, on a attendu son signe.
    Qu’est pas venu.


    Alors la deuxième fois, j’ai compté. Comme ça, j’ai su quand on devait démarrer.

    Et j’ai démarré, au bon endroit.


    Et là tu vois, c’est même pas de la vantardise ou quoi que ce soit, c’est un truc tellement simple à faire, compter, c’est la base de toute pratique orchestrale, ben j’me suis rendue compte ce soir que si je ne démarre pas, les autres flûtistes non plus.


    Et tu vois, c’est frustrant.


    C’est comme les crayons : si t’es étudiant, imagines tu aller en cours sans stylo ?

    Non.



    Ben à la musique, c’est pareil : on a besoin de crayons.


    Et pourtant, chuis toujours la seule dans la première rangée de l’orchestre à avoir un crayon.


    Mais j’aime pas partager mon crayon, alors je rechigne à le prêter.



    (J’te rappelle que le sujet premier de cette note, c’était les chefs stagiaires hein ?)


    Donc voilà, après les 3h de répét, puisque tu t’es mis en condition comme moi,  t’es fatigué(e), épuisé(e), exténué(e).

    Passqu’une répét’ de 3h, ben non seulement c’est long, mais c’est fatiguant.


    L’esprit doit être là, la concentration aussi, le corps doit suivre.


    Et avec les chefs stagiaires, ben on a dû jouer une dizaine de fois certains passages, donc c’est encore plus épuisant, la répétition des mêmes choses jusqu’à la « perfection » ...


    Chais même pas si tu vas comprendre un truc à cette note, j’essaie d’être la plus compréhensible possible, mais je me doute que pour les non-initiés, ça doit pas être simple à suivre ...


    Console toi, dès que possible, je te poste mes vidéos. (J’en ai 2 déjà ... Youhuuu !)




    * : Là, l’astérisque, c’est passque y’a 2 semaines, on a joué un morceau avec chef chéri, et on avait un peu de mal. Il a dit « Oh allez, c’est un truc facile, ça en 2 répé c’est mis en place et ça bouge plus ! ».
    A ce moment là, y’a ma voisine qui a cru bon de lui rappeler un élément crucial : « Oui bah le concert de début d’année, c’est dans 2 jours, pas dans 2 semaines ... »
    Et là, chef chéri s’est décomposé, avant d’éclater de rire et de dire « Oh oui merde, j’avais oublié ... »


    Voilà.


    Les gens à la musique, ils sont fous.

  • Les cours de flûte, c'est n'importe quoi !

    Samedi matin, comme tous les samedis matins, chuis allée à mon cours de flûte.



    Que comme toutes les semaines, j'avais rien bossé.


    Et puis tu vois, vendredi soir, on a eu une répét très très fatigante, que je te raconterais plus tard, passque ce sera émotionnant tout plein, et pas drôle et moqueur comme aujourd'hui.


    Mais attention, auto-moqueur nous serons !


    Parce que charité bien ordonnée commence par soi-même, ou un truc comme ça.



    Donc, vendredi fut une répét fatigante.


    A un moment donné, vers 21h40 je crois, j'ai senti que mon son devenait de pire en pire.


    Passque oui, j'ai pas un joli son, à cause de ma bouche, mais ça, je t'en avais déjà parlé ici.



    Donc, quand je force trop sur mes lèvres, mon son devient nul.


    Ca dépend aussi de la pleine lune, de combien de loups-garous sont dehors, de si j'ai croisé un chat noir et si on est vendredi 13.

    Sinon, c'est pas drôle.



    Alors à ce moment crucial de la répét', je me suis dit que le cours de flûte du lendemain matin, ça allait être "la caca, la cata, c'est la catastrophe" comme dirait notre ami Bernard Campan (pour ma défense, ma soeur regarde "Les trois frères" au moins 35 fois par an)


    Mais en bon petit soldat que je suis, j'y suis allée quand même.


    Passque Benoît, mon prof chéri, ben j'peux plus vivre sans lui.


    Nan, j'déconne.



    Quand chuis arrivée, j'ai dit : "Bon, j'ai pas eu le temps de bosser cette semaine j'ai commencé à rédiger mon mémoire c'est pour ça"


    Il m'a répondu : "Ca tombe bien, moi non plus !"

    Et il est parti se remettre du gloss se faire un café.


    Là lecteur chéri, tu es censé rigoler.


    Passque oui, Benoît a un humour de merde.


    C'est comme ça, tant pis.


    Ca fait 10 ans que je subis rigole à ses blagues pourries.

    J'en viens presque à le trouver drôle tu sais ?



    Et puis quand il est revenu, j'lui dis : "On a eu une big répét hier avec les directeurs stagiaires, j'vais avoir un son tout pourri aujourd'hui."


    Il me regarde, sourit, tente un mot et dit "Nan rien, tu sais très bien ce que j'en pense"

    Impossible de réprimer un grand sourire à ce moment-là, et un peu d'autoflagellation au passage :"Ouais, que ça change pas de d'habitude, j'ai toujours un son pourri"


    "Ouais voilà ... Enfin non, t'as des problèmes de son, c'est pas pareil."


    Ouais, Benoît est subtil aussi, et rassurant.



    Et il est aussi grave que moi.


    "Tu fais quoi samedi prochain ?"

    "Ben ... J'ai cours avec toi"

    "Ouais mais le soir ?"

    "Je sais pas encore ..."

    "Ok. Bon ben tu viens jouer avec nous au concert de l'Ecole de Musique, y'a un truc à jouer, tu feras la première flûte avec moi comme ça".

    "Euuuh ... OK." (mon libre arbitre se cache très profondément parfois ... Pfff)



    Du coup, en 45 minutes de cours, j'ai écouté 2 gamines jouer leur morceau tout pourri, et j'ai joué 1 fois le morceau pour le concert, qui dure 4 minutes.


    Avec Benoît, on voit jamais le temps passer, c'est trop cool ...



    La phrase du mois, susurrée à mon oreille (droite) pendant que je massacrais jouais il y a deux semaines de ça : "Ouais ... Faut que t'arrêtes de jouer comme une élève."


    Ca fait 2 semaines que j'essaie de comprendre ce qu'il voulait dire.


    Si quelqu'un réussit à éclairer mes lanternes (une à chaque oreille), ben j'lui envoie un cadeau.

  • Annonce

    Y'a 2 semaines, j’ai rangé ma chambre.

    Chose que je fais très régulièrement, du fait de ma maniaquerie la maniaquerie de mes parents.


    Je suis bordélique, c’est pas ma faute, je sais pas ranger et puis d’abord, dans ma chambre, tout est rangé selon ma façon.


    Bref.

    Toujours est-il que j’ai retrouvé le programme du grand concert qu’on a fait fin octobre.


    Et sur le programme, y’a deux signatures du même mec.
    Un clarinettiste, qui vient de temps en temps avec nous, quand on a pas assez de clarinettes pour un concert, toussa toussa.


    Pierre-Nicolas qu’il s’appelle.


    C’est un vilain, qui entraîne les flûtistes à boire avec lui.



    Mais ça, je doute que ça vous intéresse.




    La vue de ce programme oublié dans une poche de veste m’a fait réfléchir, et finalement, j’me suis dit que je devais vous parler un peu plus de ma musique.


    De mon orchestre, de notre façon de faire, d’être, de jouer, et toussa.



    Alors bon, là j’ai déjà pas mal écrit pour ne rien dire, alors je ferai ça plus tard.



    Dacodac ?

  • Samedi soir

    Jeanne, 5 ans

    "Oh là là, tu pourrais laver tes cheveux quand même !"

    Moi

    "Mais je les ai lavés hier !"

    "Oui, mais y'a encore plein de noeuds dedans !"

    "Ah ça, c'est clair que je les ai pas coiffés ce matin ..."







    Maud, 20 ans

    "Tu veux mes patates ?"

    "On dit pas des patates, on dit des POMMES DE TERRE !!!!!"






    Une bande de tarés fait un Paquito.

    Jeanne, dans mes bras, me crie dans l'oreille : "Je crois qu'ils ont bu un peu".









    J'ai toujours eu un "truc" avec les mômes. Même s'ils me gonflent au bout de 10 minutes, ils me collent tout le temps.

    Comme Jeanne.



    A cause de qui je n'ai pas mangé samedi soir, parce que je lui ai donné la becquée toute la soirée, passque fallait la regarder danser, fallait l'emmener partout, et tout ça.


    OK, chuis trop gentille, mais j'me vois mal rembarrer une gamine de 5 ans qui est juste contente de pouvoir torturer tes cheveux et de voir que tu la regardes.




    A part ça ?

    Jeanne, c'est la fille d'une musicienne.

    Samedi soir, c'était une soirée avec les gens de mon harmonie.




    Ben tu vois, y'a des jours, comme ce samedi, où j'me demande pourquoi j'ai voulu reprendre la musique à tout prix.

    Passque chuis quand même en train de me rendre compte que parfois, je sacrifie ma santé physique et psychologique à cause de ça.

    Comme samedi par exemple.



    Sans parler des études, of course ...

    Passque pendant que je fais la babysitter aux répéts, aux repas, pendant que je fais tous mes A/R pour "être là et sauver une manifestation", ben mes dissert' sur Blake, elles se font pas toutes seules.

    Mon mémoire, il avance pas tout seul non plus.






    Y'a juste des jours où je suis lasse, et blasée de tout ça.

    Et Jeanne, avec ses bêtises, elle me fait penser à autre chose.



    Ca fait du bien.



     










    Je cumule là.

    Vendredi, dodo à 6h20.

    Samedi, réveil à 8h30, et dodo à 3h45.

    Dimanche, réveil à 10h, et là je dors toujorus pas.



    Tu crois qu'à un moment donné je vais juste m'effondrer,

    comme ça, pouf!, plus de Pauline ?


    J'ai calculé, si tout va bien,

    je retrouve un rythme de vie "normal" le .... 17 décembre.

    Approximativement.



    J'aime ma vie.