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Petit éloge de la rupture

 

"Il ne faut écrire et surtout publier que des choses qui fassent mal,
c'est-à-dire dont on se souvienne.
Un livre doit remuer des plaies, en susciter même.
Il doit être à l'origine d'un désarroi fécond, mais par dessus-tout,
un livre doit constituer un danger."

(Cioran)


Tu te souviens de la dernière fois que tu as lu un bouquin pour de vrai, attentivement, avec plaisir, en versant une larme, en éclatant de rire, en ne voyant pas le temps passer ? Lire, juste pour toi, pour t’évader, pour trouver une réponse, pour chercher des questions. Tu t’en rappelles ? C’était quand ?

 

Moi, je ne m’en souvenais pas.

Oh, des livres, j’en vois passer, tous pour mes études, tous lus attentivement, un paquet de Post-It à la main. Des magazines, des journaux, ça défile aussi, et tous ces bouquins sur l’art… Pas de lecture plaisir, pas de lecture véritable, je cherche toujours quelque chose à apprendre, à comprendre, j’ai oublié de lire pour moi depuis quelques années. L’ironie de l’histoire, c’est que pendant tout ce temps, j’ai continué à acheter des bouquins, qui s’entassent, pauvres choses oubliées, sur un coin d’étagère, dans un sac plastique, sur le bureau.

Jusqu’à aujourd’hui. Pourquoi aujourd’hui et pas hier ? Je n’en ai aucune idée. A la recherche d’un nouveau feutre jaune, indispensable pour surligner mes recherches pour le mémoire, je suis entrée dans une librairie. Et j’en suis ressortie sans feutre, mais avec 7 bouquins. Proust, Sade, Apollinaire, trois recueils de textes et un « Petit éloge ».
Je ne sais plus combien de « Petit éloge » j’ai acheté,  tous rangés dans ma bibliothèque sans même avoir été ouverts. Celui-ci, un Petit éloge de la rupture, je l’ai attaqué ce soir. Assez tard. Je l’ai lu quasiment d’une traite, commencé dans le train et fini pendant que le dîner cuisait. Je ne vais pas te faire une critique de ce bouquin, d’autres font ça mieux que moi, mais je peux te dire que j’ai commencé à pleurer dès le début.

 

Parce que les ruptures, qu’elles soient amicales, amoureuses, professionnelles ou autres, ça me touche toujours beaucoup. Certains te diront même que ça me touche beaucoup trop, je n’en sais rien.
Ce que je sais, c’est que, à cause d’esprits malveillants, je vais peut-être me trouver face à une rupture assez douloureuse. Une de celles que tu sens arriver, que tu refuses d’accepter et qui te fait pleurer quand tu y penses parce que quand même, toutes ces années partagées, tous ces moments vécus, tout ça gâché « pour rien », ça fait mal. C’est probablement ce qui m’a poussée à acheter ce livre, qui sait.

J’ai versé une larme au bout de quelques pages, c’était peut-être même au bout de quelques paragraphes, je ne sais plus. Est-ce vraiment important ?

Le plus important, c’est que tout en me faisant penser à autre chose, ce bouquin m’a fait réfléchir à ma situation, à ma propre rupture, celle que j’ai tant de mal à accepter, mais aussi à toutes celles qui sont déjà passées.

Différentes sortes de ruptures se croisent, s’emmêlent dans ce livre, à commencer par une rupture franche de la narration, mélange de fiction(s) et de réalité(s), on assiste à l’accident de la mère de l’auteure et on enchaîne avec l’estomac noué de son héroïne, pour revenir à la rupture amicale de l’auteure avec une de ses collègues.


Et puis, en trame de fond, comme un fil conducteur (ou en tout cas mon fil conducteur, celui que j’ai choisi dès le début) cette histoire d’amour. Ou plutôt, cette fin brutale d’une histoire d’amour. Très joliment et très justement racontée. Mis bout à bout, ce récit doit occuper une dizaine de pages, sans doute moins même.

C’est peu, pour une histoire d'amour, et c'est pourtant suffisant, parce que tout y est dit.



Petit éloge de la rupture, Brina Svit, éd. Gallimard

 

 

 

Commentaires

  • Votre billet, rempli d'émotions qui semblent sincères, m'a donné envie d'acheter ce livre. Merci.

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