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Nostalgie

En septembre 2006, je débarquais au Luxembourg avec mes cartons de bouquins, ma valise de fringues et toute l'assurance et l'arrogance de mes 18 ans. Quelque chose de merveilleux s'ouvrait à moi, ma vie d'adulte qui débutait, la possibilité de tout recommencer de zéro.

Et pourtant, moi qui me sens chez moi partout, qui suis à l'aise au bout de quelques minutes ou quelques heures (dans le pire des cas), qui ai envie de vivre dans chaque ville que je visite, j'ai mis beaucoup de temps à apprivoiser ce pays. "Beaucoup de temps", c'est certes relatif, mais ces quelques semaines à tâtonner, à ne pas savoir quoi faire de mes journées, de mon cerveau et de mon corps m'ont paru une éternité. 

Et puis tout s'est débloqué, au fur et à mesure. Et après ça, il n'était plus question de faire machine arrière : j'étais chez moi. Pour de vrai.
A tel point que ça a surpris toute ma famille quand je suis rentrée en France, de leur propre aveu. Pour eux, j'étais tellement épanouie que jamais plus je ne reviendrai, et que mon exil provisoire se transformerait en emménagement définitif.

Je suis partie en juillet 2009, après 6 mois difficiles, remplis d'envies d'ailleurs et de vivre autre chose. Comme toujours. Les fils conducteurs de ma vie en fait, cette incapacité à me poser plus de trois ans au même endroit et cette insatisfaction permanente.
Je ne regrette pas d'être partie parce que depuis, j'ai vécu des choses assez folles, j'ai rencontré des gens formidables et j'ai profité de presque toutes les occasions qui s'offraient à moi.

En ce moment, ça va pas fort. Genre vraiment pas fort du tout. Alors quand j'ai su que je n'aurais pas mes mômes en début de semaine, j'ai ravalé mes larmes, je me suis posée 5 minutes et j'ai réfléchi. J'en étais au point où j'avais un peu envie de pleurer chaque jour, envie de montrer aux gens à quel point j'étais une ratée mais en même temps j'aurais aimé, J'ATTENDAIS qu'on me dise que plein de choses encore plus merveilleuses m'attendaient là bas sur le chemin, derrière cette grosse montagne de cailloux coupants, tous en équilibre précaire au dessus du vide.
J'ai su que c'était un peu le moment de retourner au Luxembourg.
Parce que le Sud ne m'a pas guérie il y a quelques semaines, parce que ça fait deux ans que je veux y retourner et que je ne prends pas le temps de le faire, parce que mes amis et mon mec ne me suffisaient plus.
Parce que j'avais désespérément besoin d'air, besoin de sécurité, besoin d'être ailleurs, un ailleurs comme "à la maison".

Dimanche soir, je me suis demandée ce que je ferai si cette escapade n'avait pas l'effet escompté, si je revenais encore plus malheureuse qu'avant. Est-ce que c'était ma dernière tentative avant d'admettre ma défaite face à la déprime ? Est-ce que j'aurais encore la force de me battre pour sourire et rire et espérer ?

J'ai un peu pleuré en descendant du train. J'ai continué de pleurer dans le bus, toujours le même depuis la dernière fois, qui m'emmenait vers ma folle journée.
Rien d'important à signaler : j'ai toujours toutes mes habitudes, à tel point que j'ai commencé à faire mes courses "habituelles" au supermarché. Comme si je vivais encore à deux rues de là. Comme si je n'avais pas 4h de train à faire pour rentrer chez moi.
Rien n'a changé, mais rien n'est vraiment pareil. C'était bien, j'étais bien.
Avant de partir, j'ai retrouvé un twitto. J'ai ri avec lui comme je n'avais pas ri depuis plusieurs semaines, si ce n'est plusieurs mois.
Et j'ai pleuré, tellement j'ai ri. La boucle était bouclée.

 


Je me demande encore comment j'ai eu la force de rentrer chez moi lundi soir.


Probablement parce que je sais que j'y retourne la semaine prochaine ?

Commentaires

  • Et pourquoi ne pas projeter de retourner vivre là-bas ? Pas aujourd'hui, pas demain, mais dans six mois, un an, le temps de faire ce que tu as à faire ailleurs ? C'est bien d'avoir un chez-soi.

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