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Et après ?

Il y a presque deux ans maintenant, je te racontais comment ma vie était chamboulée par mes deux petits monstres.

Pas vraiment les miens, mais pas vraiment "pas les miens" non plus.


Deux ans plus tard, on en est où


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Toujours au même point.


En fait non, c'est pire.


Je les appelle "mes mômes", parce que c'est tout comme. Nos relations ont encore évolué : le mardi soir, Boubou et moi avons un moment rien qu'à nous, où il me parle de ses dessins, de ses copains, de ses inventions, de son amoureuse. Le jeudi soir, c'est Choupie qui est seule avec moi et qui profite de ces instants précieux pour faire des dessins pleins de paillettes, des jeux sans son frère et me raconter les potins de ses copines.
On a nos habitudes, les copains qui viennent jouer à la maison le mercredi, la maman qui me laisse carte blanche pour tout, Boubou qui me regarde avec une petite grimace quand il sait qu'il a fait une bêtise, les câlins avant d'aller se coucher. Je leur laisse une grosse heure de lecture avant l'extinction des lumières, j'ai appris à gérer les crises d'angoisse avec un calme déconcertant. 
Choupie réclame des excursions au musée et des virées dans les magasins d'activités manuelles, Boubou me demande si on pourra aller au rugby, un jour, ensemble. 

 

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Ils ont tellement grandi que c'en est affolant. Boubou m'a dit, en septembre : "Tu sais, l'année prochaine je serai au collège, j'aurai plus besoin de toi pour me garder. Tu continueras quand même à venir ? Choupie aura encore besoin de toi, pour les devoirs et tout, et puis j'aime bien quand t'es là, c'est chouette."

Je refuse qu'il aille au collège. Je refuse qu'ils grandissent. 

Je redoute terriblement ce moment où ils n'auront plus besoin de moi, où ils seront trop grands pour avoir une babysitter, je déteste d'ailleurs ce terme de "babysitter", ça fait très longtemps que je ne suis plus leur babysitter.

 

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Il se passera quoi, après ?

 

Est-ce qu'ils penseront encore un peu à moi de temps en temps ? Est-ce qu'ils m'oublieront ? Est-ce qu'on restera en contact ? Est-ce que je serai la seule à me souvenir de tous les moments forts qu'on a vécu ensemble ?

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Est-ce que je serai capable d'aimer d'autres enfants autant que je les aime, eux ? Je ne pense pas.

Alors je fais tout pour repousser le moment de la séparation, je fais taire mes envies de changement, de déménagement, d'exil. Je les fais passer avant plein de choses, ils sont les seules contraintes de mes journées. 


Quatre ans déjà que je vis le quotidien avec eux. Trois ans que l'on me dit de faire attention, qu'ils ne doivent pas trop s'attacher à moi et que je dois garder mes distances avec eux. Pour qu'on soit tous les trois épargnés le jour où je partirai, le jour où ils seront grands.

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Personnellement, je sais déjà que c'est foutu. Que la vie sans eux, que ce soit dans quelques mois ou dans quelques années, ça va me faire tout drôle. 

 

J'espère juste réussir à combler le vide qu'ils laisseront. 

 

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Commentaires

  • Comme cet article me parle...

    Six ans à m'occuper de celles que j'appelais et que j'appelle toujours (bien que je sois désormais mère d'une fillette) "mes gamines".
    J'ai accompagné E lors de son redoublement, je l'ai vue évoluer et soutenue face à sa dyslexie sévère, je lui ai dit d'être fière d'elle, de son travail compte double. Je l'ai revue il y a un mois, elle est en terminale S et fait des stages pour devenir restauratrice d'œuvres d'art.
    J'ai assisté aux rentrées de sa petite sœur F du CP à la sixième (ce jour-là j'ai pris un GROS coup de vieux).

    Voilà 4 ans que j'ai arrêté de les voir quotidiennement, on se croise de temps en temps mais toujours avec le même entrain, la même fierté de mon côté, la même tendresse, le même amour.
    F est une ado et E une jeune fille qui devient femme et pourtant, elles se jettent toujours dans mes bras, me racontent toujours leur journée-les potins-les engueulades, posent leur tête sur mon épaule...

    J'ai eu le cœur déchiré quand on a arrêté parce que c'est impossible de ne pas s'attacher. Qui arrive à ne pas s'attacher? C'est impossible, c'est un travail d'humain à humain, d'adulte (pas encore tout à fait adulte bien souvent) à enfant. Je ne comprends pas les personnes qui arrivent à garder une distance face à un enfant dont elles s'occupent tous les jours -ou plusieurs fois par semaine.

    Elles ont chamboulé mon quotidien pendant six ans. Elles font partie de ma vie et je continuerais de les porter dans mon cœur et de les chérir.

    Je sais que mon message n'apaisera ni la douleur ni le manque mais c'était mon témoignage du "et après?"

    Et après?
    On a le cœur chamallow quand on les revoit. On pleurniche quand on les voit si grands et plus du tout des bébés.  
    Mais surtout on est heureux d'avoir vécu une telle histoire et d'avoir connu une famille si merveilleuse.

  • Tu m'as fait chialer, mais merci

  • On m'a toujours dit que je ne devais pas m'attacher mais c'est tout bonnement impossible.
    Là, j'appréhende déjà d'être en septembre parce qu'elles n'auront plus besoin de moi.
    :/

  • Oh mon dieu, déja en septembre ??? Comment ça se fait ? :(

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