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Guimauve et autres chamallows

Il y a environ un an et demi, deux choupitrognons sont entrés dans ma vie.

Un peu par hasard, temporairement, pour dépanner une amie qui ne pouvait pas s’occuper d’eux pendant quelques jours.

Et puis de temporairement, c’est passé à durée indéterminée, l’amie en question partant à l’étranger, et la maman des choupis me demandant de la remplacer.

 

En un an et demi, on a tous les trois beaucoup changé, eux parce qu’ils grandissent, apprennent, changent, et moi parce qu’ils m’apportent quelque chose. Un ptit truc qui s’apparente à de la stabilité, à l’impression de compter pour quelqu’un, d’être importante à leurs yeux.

Ensemble, on a traversé des crises, on s’est affronté sur certains sujets, rapproché sur d’autres, eu des fous rires monstrueux, supporté des crises de larmes.

On a survécu à l’entrée au CP de la choupie, à l’apprentissage de la lecture et du calcul, on a soigné les bobos du choupi, qui trouve que faire du rugby et du catch sur du macadam pendant la récré, c’est super rigolo.

On a partagé des maladies, j’ai veillé sur eux pendant que la fièvre les épuisait, ils ont fait attention à ne pas trop me fatiguer quand j’allais mal.

 

En fait, entre nous trois, le plus beau, c’est notre complicité. Je ne suis plus dans la case « babysitter », et ils ne sont plus dans la case « enfants quelconques que je garde ».

Parce que quand la choupie sort de l’école, qu’elle me cherche des yeux et qu’elle me trouve subitement, y’a un ptit truc qui éclaire son visage, qui fait sourire ses yeux, et qui me fait sourire aussi.

Parce que l’an dernier, quand on s’est séparé pour les grandes vacances, y’a eu une grosse crise de larmes, des câlins à n’en plus finir, des « Je peux te téléphoner pendant les vacances ? », suivis de « Tu m’écriras une carte postale ? » et de « Je veux pas que tu partes ». Et c’était difficile de ne pas pleurer face à ces choupitrognons. Parce que je savais qu’ils allaient me manquer.

Parce que les grands parents que tu vois 3 fois par an et qui te disent qu’ils sont vraiment contents que tu t’occupes si bien de leurs petits-enfants, c’est quand même assez incroyable.

Parce que je les connais par cœur, je sais ce qu’ils aiment pour le goûter, pour le dîner, je connais leurs histoires et leurs jeux préférés, je sais qui sont leurs meilleur/e/s ami/e/s, leurs amoureux/ses, leurs ennemi/e/s. Je sais que V. veut être savant fou, et que T. veut être coiffeuse, écrivain, maîtresse ou vétérinaire. Je sais que V. reste 15 min dans son bain, et que T. a plutôt besoin de 40 min.

Je connais tous leurs trucs pour essayer de rouler leurs parents, leurs babysitters, et moi aussi. Je fais semblant de marcher, de temps en temps, et je préviens celles qui me remplacent, quand je ne peux pas être là. Avec toujours cette petite peur, au fond, qu’ils se mettent à aimer ma remplaçante plus que moi. Mais en fait non, jamais.

 

Et puis tu vois, y’a des moments marquants. Qui ne représentent pas grand chose, mais qui sont suffisants pour me faire déborder d’amour à leur égard.

Y’a eu la crise de larmes parce que la maman leur avait promis qu’ils dîneraient avec moi, et puis au dernier moment, non. Crise de larmes qui a obligé leur maman à me les laisser le soir suivant... Y’a eu toutes ces fois depuis, où ils espèrent dîner avec moi parce que leur maman est en retard, et puis la déception quand finalement elle arrive.

Y’a eu le « Pauline ? Je t’aime. » de V., prononcé en plein milieu d’un combat Pokémon, y’a eu le « J’ai pas envie d’être le week-end, je veux vite être mardi pour que tu sois là ! En fait, je voudrais bien que tu vives tout le temps avec nous, pour toujours ! » de T., prononcé un jeudi pendant les devoirs.

T. la câline, V. l’indépendant.

T. qui se colle à moi sur tout le trajet école-maison, main dans la main. V. habituellement 3 pas devant nous, et qui commence maintenant à réclamer sa part de câlins, qui ruse pour ne pas me donner la main ouvertement devant tous les autres.

En ce moment, la grande occupation, c’est la lecture. Je lis, je raconte inlassablement des histoires de princesses, de fées, de dragons et de chevaliers, avec mes deux sangsues collées à moi, tellement collées que c’en est difficile de tourner les pages.

 

J’ai toujours pas trouvé comment régler le problème du « Maman ! » qui revient assez régulièrement, dans la rue, au parc, à la maison.

J’ai pas su comment réagir quand la maman m’a dit « Depuis que je suis moins là et que tu restes plus souvent pour le dîner et le coucher, V. dort mieux, il ne se relève plus la nuit. » Parce que j’ai rien fait pour ça, et que le coucher est le moment le plus délicat, le plus propice aux crises de larmes et d’énervement de la part de mon petit angoissé, et que ça doit être terrible d’être la maman qui dit ça.

 

 

 

Aujourd’hui, comme d’habitude, j’étouffe. J’ai besoin d’autre chose, d’ailleurs, de changement. Foutue instabilité merdique. Fuite constante. Je commence à regarder les différents Master proposés dans le Sud, sans grande conviction.

Parce qu’aujourd’hui, je suis en plein dans ce que je cherche à éviter, j’expérimente la raison principale qui me pousse à ne pas m’attacher aux gens : je suis bloquée. Je ne peux pas partir. Si je pars, il me manquera quelque chose.

 

Eux.

Commentaires

  • Ohhhhh! C'est trop trognon!!!

    Tu sais... Tu peux partir ... Continuer, évoluer, sans changer, sans te détacher ... ;-)
    Mais c'est une discu de café et pas de blog! Alors à bientôt ;-)

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