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Les 5 phases de la rupture

J'ai drôlement bien fait de te parler de l'Homme la dernière fois tu sais ?

Parce que oui, figure toi que le truc impensable est arrivé : l'Homme est parti. Il m'a laissée, abandonnée oubliée.

Alors oui, on est grands, on s'aime bien, on veut pas faire souffrir l'autre (quoique...) tout ça, mais c'est quand même pas bien facile à digérer.

 

Jour J : L'élément déclencheur (la rupture, ou "Putain mais c'est pas possible...")

Vendredi soir de folie à l'orchestre : ta co-vicepresidente menace de démissionner, et Chef te fait la gueule. Enfin, disons plutôt qu'il ne te parle plus, ne te regarde plus et ne s'adresse plus à toi directement. L'Homme, d'un naturel attentionné, aime bien que tu lui racontes ce qui te tracasse, parce qu'il pense que ça t'aide à aller mieux, et qu'il peut essayer de te rassurer et conseiller. Donc là, tu lui racontes tout, avec ce truc qui te bouffe le ventre tellement t'as l'impression que tout s'effondre. Puis, comme si ta soirée n'avait pas été assez chouette comme ça, l'Homme rompt avec toi. Comme s'il n'avait pas conscience du bordel qui régnait dans ta tête à ce moment là. 

Alors tu pleures, pendant longtemps, à cause de Chef, de l'orchestre, de la fatigue. Et de l'Homme aussi, surtout. Tu commences à avoir l'impression désagréable que les gens se barrent toujours quand tu commences à (trop ?) les aimer (mal, certainement, si tu les aimais mieux que tu ne le fais, ils resteraient, non ?).

No Surprises - Regina Spektor (ceci est un lien, si si)

 

J+1 : Phase 1 (Le déni, ou "Putain mais j'y crois pas, j'ai rêvé, c'est obligé")

8:30, tu te réveilles, en larmes. C'est pas possible que ce soit arrivé, que tout soit arrivé. Tu passes encore 2:30 sous ta couette, à tester tous les Kleenex qui passent à proximité de toi et des fontaines qui te servent d'yeux.

Evidemment, tu passes en mode "robot automatique" dès qu'il y a du monde autour de toi. Comme à ton habitude, tu ne laisses rien transparaitre, les autres pourraient croire que tu as un cœur. Le prof de trombone le sait lui, il t'a déjà vue pleurer. Il te connait mieux que tu ne le voudrais, et sans trop savoir ce qu'il t'arrive, il est quand même là, présent, sympa, disponible. 

Tu profites de l'apéro chez ta co-vicepresidente pour voir si l'alcool et l'humour peuvent servir d'anti-douleurs, et effectivement, ça fonctionne pas trop mal. Mais faut rentrer, alors tu rentres, tu te planques sous ta couette, et tu pleures, encore.

Surtout, ne pas écrire à l'Homme. Résister.  

 

J+2 : Phase 2 (la colère, ou "Putain mais je suis trop conne")

Journée fantastique que cette journée de phase 2, journée pleine d'autocritiques de base (et de merde) pendant laquelle tu te répètes sans cesse "j'aurais pas dû lui faire confiance, j'aurais pas dû faire d'efforts, j'aurais pas dû ouvrir ma carapace, j'aurais pas dû m'attacher si fort à lui."

T'es pleine de colère envers toi-même, et envers lui aussi. Parce qu'il a mal choisi son moment, parce qu'il aurait du sentir à quel point la débâcle de l'orchestre et le reniement de Chef à ton égard t'avaient ébranlée.

Forcément, tu te mets à douter de tout ce qu'il t'a dit, de sa sincérité, de ses envies, et tu lui fais part de tes doutes.

Et puis bon, tu vas pas passer trois mois à pleurer, te questionner et te remettre en question, alors tu décides de t'exiler un peu dans le Sud pendant les jours qui viennent, chez C. et F., couple formidable et idéal, celui qui te redonne confiance après chaque rupture difficile.

 

J+3 : Phase 3 (la négociation, ou "Tu veux pas qu'on se revoit bientôt, vite vite ?")

L'Homme ne va pas bien. Tu ne résistes pas à lui envoyer un mail gentil pour lui remonter le moral, parce que c'est comme ça, t'es pas heureuse si les autres ne le sont pas. Si t'osais, tu irais le rejoindre à la fin de sa pause déj, pour lui sourire et essayer de le faire sourire, ne serait-ce qu'une minute. Mais non, vous continuez la discussion et tu réclames subrepticement un rdv vite, parce que t'oses pas lui dire, mais son sourire te manque, l'odeur de sa peau aussi, sa barbe et cet éclat dans ses yeux quand il te regarde. Tu le vois te répondre un "non, c'est trop frais" brutal, inattendu, cassant.

T'as pas pleuré depuis le soir du J+1, et t'aimerais bien continuer comme ça, alors tu prends sur toi. Mais putain, c'est dur.

Thomas devine, parce que Thomas sait tout, depuis le début. Thomas était là dans tes "mauvais" moments, dans tes périodes de doutes. Thomas te console, te serre dans ses bras, te fait rire, te dit que l'Homme est nul, te fait remarquer que ton nouveau prof est "drôlement mimi" et approuve totalement ton exil.

 

J+4 : Phase 4 (la tristesse, qui s'apparente chez moi à l'exil, ou "Putain, faut que je parte, que j'aille prendre l'air, loin.")

La fuite. Comme d'habitude. Ta spécialité. Ta seule réponse à la difficulté, depuis toujours. Ta lâcheté légendaire, ton habitude : partir en pensant que ça ira mieux quand tu seras loin. Alors que non, bien sûr que non. Tu ne fais qu'oublier le problème pendant quelques heures, quelques jours, pour finir par t'apercevoir, en rentrant, que c'est pire qu'avant.

Tu peux pas t'empêcher de pleurer dans le train, mais tu sais pas vraiment si c'est ton bouquin, la fatigue ou ton chagrin.

Arrivée a 9:09, 5 min plus tard, tu souris. Pour de vrai.

Les gens autour de toi parlent avec cet accent chantant plein de soleil, de gentillesse et de sexytude. Il fait beau, il fait bon, y'a des couleurs partout. Ton sourire ne veut pas quitter ton visage. Tu refuses de partir, "je plaque tout et je reste avec vous". Si tu rentres, tu vas lui dire qu'il te manque, et c'est bien la dernière des choses à faire, pour lui comme pour toi.

Un jour, tu seras grande, tu affronteras tout comme une grande, sans fuir en prenant l'excuse du "c'est ce qu'il me faut pour aller mieux", puisqu'au retour, ça ne va jamais vraiment mieux.

 

J+5 : Phase 5 (l'acceptation, ou "putain, j'exagère quand même...")

T'as déjà quitté le Sud, parce que tu y as trouvé ce que tu étais venue chercher : la preuve que tu pouvais sourire sans mentir, la preuve que des filles comme toi peuvent tomber sur un homme génial, la preuve que le soleil n'est pas mort, et que le printemps ne va pas tarder à arriver...

Et puis t'as eu une prise de conscience aussi. Au fond, l'Homme a raison d'avoir rompu. Y'a trop de choses en jeu, de dommages collatéraux possibles. Tu commences à te mettre à sa place, à essayer de te glisser dans sa tête, et tu comprends mieux.

Peut-être aussi que tu ne comprends que ce que tu veux bien comprendre, tu sais pas trop et tu t'en fiches, t'es un peu apaisée. Tu oses te dire que dans un autre contexte, à un autre moment, ça se serait passé différemment. Mieux. Evidemment, personne ne peut t'en assurer, mais tu essaies de t'en convaincre, un peu comme une "consolation" que tu t'accordes.

Tu vas pas totalement bien, t'as pas entièrement tourné la page, tu supportes mal son petit jeu de séduction "innocente" avec d'autres femmes, mais tu acceptes la rupture. T'as pas le choix de toute façon.

Et tu souris, encore plus qu'avant, tout en sachant que l'Homme, ou plutôt l'ex-Homme, restera encore bien au chaud dans ta ptite tête pendant quelques temps. Quelque part, tu espères qu'il y ait une réciprocité la dedans, pour avoir l'impression d'avoir compté pour lui, ne serait-ce qu'un peu.

 



Aujourd'hui, c'est J+14. T'as écrit tout ça à J+6.


A J+14,
 t'es restée en contact avec l'ex-Homme, quotidiennement. Quand c'est pas toi qui va vers lui, c'est lui qui vient à toi. Une fois sur quatre, l'un de vous finit par bouder/pleurer/être vexé(e) par les propos de l'autre, qui ne s'en rend pas toujours compte.
Ces contacts quotidiens, ça ne t'aide pas à tourner la page et tu ne penses pas que ça l'aide non plus, mais sans eux, t'es pas sûre que t'irais aussi bien. Alors tu ne cherches pas à couper les ponts, bien au contraire. T'essaies juste d'être un peu plus raisonnable et mesurée dans tes propos.


A J+14, ça te remue toujours les tripes quand tu vois, quand tu sens qu'il ne va pas bien, quand tu le vexes par une maladresse involontaire.


A J+14, il te reste toujours cette envie irrépressible de le faire sourire, de le rendre heureux, de lui faire oublier tout le reste, tout ce qui le mine, l'angoisse, le fait douter, tout ce qu'il ne dit pas, tout ce que tu comprends avec un peu d'observation, à sa façon de dire certaines choses, au ton de sa voix et d'autres détails, insignifiants pour les autres, peut-être même pour lui. 


A J+14, tu planques ta jalousie et tes envies de le voir, de te blottir dans ses bras. Parce que ça ne sert à rien et que, de toute façon, il ne veut pas savoir ça.
Lui a du mal à cacher sa jalousie, mais ça ne dure jamais bien longtemps. Vite vite, le chevalier remet son armure et va poursuivre d'autres combats, en te laissant te débattre avec sa jalousie "abusive, déplacée et disproportionnée", et ce qu'elle peut signifier.

 


Plus grand chose, évidemment

 

 


Commentaires

  • une vraie méthode de management...

  • Tout à fait. Je vais devenir riche avec cette méthode.

  • Pouahhh, ben voilà, c'est un peu ça, J+46 pour moi et Putain c'est archi maxi dur...

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