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Être une fille

Être une fille, c’est souvent chouette.


Être une fille, ça signifie pouvoir jouer avec ses cheveux, avec ses yeux, avec sa garde-robe. C’est avoir le choix d’assortir son sac à main à ses chaussures, c’est pouvoir s’habiller en garçon manqué le matin et en femme fatale l’après midi. C’est pouvoir acheter des petits bijoux tout choupinous, un peu partout, un peu quand on veut.

Être une fille, c’est pouvoir jouer de son sourire pour obtenir un petit truc de rien du tout : passer devant quelqu’un dans une file d’attente, éviter une amende dans le train, échapper au contrôle des douanes, ou encore faire fléchir la détermination de Chef.

Être une fille, c’est pouvoir être consolée, cajolée, chouchoutée, que ça n’aille ou que ça n’aille pas, dans les bons comme dans les mauvais moments. C’est recevoir une fleur, comme ça, pour rien. C’est être emmenée au cinéma, un triste soir d’hiver. C’est pouvoir faire quelques caprices futiles, de temps en temps.

Être une fille, c’est pouvoir choisir de donner la vie, de porter l’enfant d’un homme exceptionnel, forcément, puisqu’on l’aura choisi, et qu’il nous aura, nous, pour illuminer sa vie quotidienne.



Mais être une fille, c’est aussi devoir subir les assauts de certains mecs, qui considèrent qu’un regard posé négligemment sur eux pendant un millième de seconde est une invitation ouverte à la drague lourde et qui ne trouvent rien de mieux à faire que de te traiter de pétasse quand tu tentes de leur faire comprendre que là tout de suite, t’es occupée, ça se voit, et qu’il te donne plus envie de rire que de le laisser t’entraîner dans un coin pour faire sa petite affaire.

Être une fille, c’est aussi endurer les mains de certains mecs dans le métro, dans un escalier, au milieu d’une foule. Parfois, plus discret qu’une main pleine de doigts, c’est « juste » un torse qui se colle à ton dos, un coude qui frôle ta poitrine, une jambe qui se place entre les tiennes.



Alors tu vois, parfois, être une fille face à ces prédateurs, ces animaux, me donne la nausée, me pousse à l’isolement et à l’évitement de tout contact physique, le temps de « digérer ».
Depuis quelques jours, quand je suis seule, je marche tête baissée, par crainte de rencontrer un regard, par appréhension de devoir encore supporter un gros con qui, au lieu de se remettre en question, préférera me dénigrer et me rabaisser. C'est pas moi, cette fille, mais je la laisse exister parce qu'en ce moment, je ne suis pas capable d'agir autrement.

Commentaires

  • On peut être une fille et être respectée, tu le mérites.

  • Je l'avais raté, celui-ci. T'as bien fait de le rappeler.
    Très bien écrit, et malheureusement d'actualité.

Les commentaires sont fermés.