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Sans titre

Il m’a fallu un certain temps pour admettre l’échec de mon couple, pour me rendre compte que malgré mes efforts permanents, je n’étais plus aussi heureuse qu’au début. 
Quand j’ai enfin accepté tout ça, j’ai voulu passer à l’étape suivante, la rupture.

Rompre, oui, mais quand ? 
Chaque fois qu’on se voyait, je me disais que j’exagérais, qu’on était pas si mal ensemble, et qu’après tout, j’avais pas souvent l’occasion d’avoir des week-ends aussi calmes.

 

Ouais, tu as reconnu la technique de l’autruche.

Que j’ai employée un peu inconsciemment jusqu’à la goutte d’eau.

 

Un truc futile, juste un mec qui prend la défense de son meilleur pote que j’aurais a priori vexé sans faire attention.
« Juste un mec » ? Non, mon mec. Qui prend subtilement parti pour son pote (au demeurant adorable) au détour d’un SMS.

Je n’ai pensé qu’à une chose à ce moment-là : qui avait pris parti pour moi pendant ces derniers mois face à ses potes ? Qui m’avait défendue ? Mes copines, mes fabuleuses copines, pendant ces déjeuners à l’improviste, ces conversations-SMS interminables ou ces apéros sur fond d’alcool et de potins.

 

En quittant mon mec il y a quelques semaines, j’ai quitté ses potes. Ceux qui m’appréciaient (il y en avait, je crois) et ceux qui me faisaient bien sentir que je ne rentrais pas dans leur moule (quelle idée aussi d’être indépendante et de refuser d’obéir à des mecs qui considèrent que la femme est là pour débarrasser la table, faire la vaisselle et le café sans broncher).

J’ai aussi quitté une famille, sa famille, qui me manque déjà beaucoup, vraiment.

J’ai quitté un certain confort de vie, celui qui consiste en la certitude d’avoir, quoi qu’il arrive, quelqu’un à qui parler le soir. A qui raconter les trucs cools et les trucs pas cools de la journée. A qui confier ce qui t'empêche de dormir le soir. 

Quelqu’un que tu peux embêter pour rien, juste pour le plaisir de lui montrer que tu penses à lui.

Quelqu’un qui te serre fort dans ses bras au moment de dormir.

 

Depuis la rupture, mon téléphone ne sonne plus cinquante fois par jour.

On ne me souhaite plus une bonne nuit tous les soirs. Quand j'ai besoin d'un peu d'attention ou que quelqu'un me prenne dans ses bras, plus personne n'est là : je n'ose déranger personne puisque personne n'est dispo, chacun a ses problèmes à gérer, sa vie à vivre et je m'aperçois peu à peu, presque honteusement, que oui, on peut souffrir d'une rupture que l'on provoque. Même si on la sait presque évidente, si on la sait nécessaire pour avancer. On peut pleurer plusieurs soirs, plusieurs nuits. Après tout, c'est plutôt triste un amour qui meurt et qu'on enterre.
Je ne sais pas encore comment annoncer tout ça à ma famille. Comment ne pas briser le cœur de ma grand-mère, complètement sous le charme de mon mec –de mon ex, en fait. En attendant, j’encaisse tant bien que mal les discours de ma mère -qui n'a qu'un nom à la bouche, le sien, évidemment- et j’ai toujours un pincement au cœur quand on me demande de ses nouvelles ou quand je reçois une invitation libellée à nos deux noms.

 

 

Je sais tout ce que j’ai perdu, tout ce à quoi j’ai renoncé en provoquant cette rupture. Je ne sais pas ce que j’ai gagné, si ce n’est la certitude d’être en phase avec moi-même.

C’est déjà pas mal.

Commentaires

  • Salut ! Je te suivais déjà sur Twitter, je découvre ton blog maintenant. Je réagis à cet article qui me touche vraiment. J'en retiens une bonne dose de sincérité, de courage aussi. Quitter quelq'un n'est pas facile, en parler encore moins... Et d'adopter ton point de vue : "Il n’y a pas de bon moment pour quitter quelqu’un."....

  • Merci Stéphane

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